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 boulevard of broken dreams - alix

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◭ arrivé(e) le : 27/12/2013

MessageSujet: boulevard of broken dreams - alix    Ven 27 Déc - 21:39


+ sexy back

« 150 dollars, ça vous va ? » lui avait-on demandé à peine une heure auparavant. Le patron était sur les nerfs. On était samedi soir, les gens sortent, c’est le moment de faire sa promo et voilà qu’il se retrouvait avec aucun groupe à l’affiche. Déjà que le bar n’a pas une réputation formidable. Il tente de redorer son blason mais bon, ce n’est pas encore gagné. Le samedi soir c’est l’occasion de ramener du monde et surtout de se faire connaître. Floyd joue parfois dans les bars, de temps à autre, quand il en a l’occasion, mais surtout lorsqu’on l’accepte. C’est vrai qu’il joue bien de la guitare, que sa voix est assez juste, mais il n’y a pas non plus de quoi décrocher la lune pour lui. Alors, lorsqu’il a entendu que le groupe de ce soir ne venait pas, ce qui était prévisible, un groupe à la popularité grandissante ne va pas s’attarder dans un petit bar miteux ; Floyd n’a pas hésité une seconde, tant pis c’est pas ce soir qu’il chopera la demoiselle avec un numéro de charme autour d’une vodka, enfin quoique, il pourra toujours en draguer deux trois après le « concert ». Sa vie ne se résume pas à grand chose d’autre qu’à la musique et les filles (seulement pour un soir attention). Si, en fait il y a bien autre chose, sa grand-mère, mais il préfère ne pas y penser quand il y a du monde autour de lui, ça le rend sentimental et il n’aime pas ça. Et puis avoir en tête l’image de sa grand-mère pour aller draguer, y’a mieux quand même, alors il y pense quand il est tout seul dans sa chambre, mélancolique, à boire un verre de cognac (beaucoup d’alcool dans la vie de Floyd, c’est essentiel pour lui). « oui. » répondit-il presque à contre cœur. Oui il accepte ces foutus cent-cinquante dollars. Il en a besoin de toute façon, il ne va pas cracher dessus. Il ne roule pas sur l’or, alors si jouer peut lui rapporter un peu d’argent, il n’est franchement contre. C’est vrai qu’il rêve d’un monde où il est connu, célèbre, adulé, où le monde tourne autour de sa petite personne, où il a de l’influence et des demoiselles plus belles les unes que les autres qui défilent dans son lit (c’est déjà le cas, mais il peut bien espérer un peu plus). Il voudrait qu’on parle de lui, que les filles soient nus, qu’elles se jettent sur lui, qu’elles l’admirent (plagiat spotted). Il rêve de concerts où la scène est jonché de petites culottes, de soutiens gorges, de numéros de téléphone. Il veut le monde à ses pieds, mais il ne l’obtiendra jamais, alors il tente de se contenter de ce qu’il a, même s’il en veut toujours plus.

Il est à présent temps de monter sur scène, de montrer au monde ce que l’on vaut. Sa guitare à la main, il monte sur la petite scène de fortune qui lui ai réservé. Peu de monde dans la salle pour le monde, il espère bien qu’au fil de la soirée le bar va se remplir, sinon c’est pas demain la veille qu’il va faire la une de Rolling Stone. Dans son répertoire, des musiques plus ou moins connues. Il commence par creep de Radiohead, un classique, mais qui fait toujours son effet. Ce soir, son but est d’avoir le public, il joue donc des chansons que tout le monde connaît. Tant pis ce sera un autre jour qu’il montrera son goût artistique avec des morceaux de choix pointus trouvés au hasard chez un disquaire au coin d’une rue de Londres. A travers ses voyages et sa traversée de multiples pays, Floyd a découvert mille et une choses. Dorénavant il connaît des musiques d’un peu tous les styles, d’un peu tous les pays et peut formuler une critique pointue et justifiée de n’importe quelle œuvre musicale. Le morceau suivant est un autre grand classique qui fait fondre le cœur des filles comme neige au soleil, c’est bien sur hey there delilah de Plain White T’s. La soirée se poursuit et Floyd a un petit succès, les gens commencent à rentrer dans le bar lorsqu’ils entendent la musique qui en sort. Cela semble bien fonctionner. Le public est avec lui. Il poursuit avec un morceau assez triste puisqu’il s’agit d’hallelujah de Jeff Buckley, u morceau qu’il affectionne tout particulièrement.
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◭ arrivé(e) le : 26/08/2013

MessageSujet: Re: boulevard of broken dreams - alix    Ven 27 Déc - 23:44

Floyd et Jill.
The baffled king composing Hallelujah.
Vingt-et-une heure trente. Seule dans sa chambre, un bouquin entre les mains, Alix peinait à se concentrer. Les mots lui échappaient, les phrases ne formaient qu’un imbroglio d’incompréhension. Il lui fallait les relire plusieurs fois pour en cerner le sens. Vingt minutes. Elle passa vingt minutes, les mains moites, l’esprit ailleurs, envolé vers d’autres lieux, vers d’autres personnes, là où elle se serait sentie bien entre les bras de l’homme qui faisait partie intégrante de sa vie désormais. Non, qui était sa vie. Mais voilà qu’elle se retrouvait seule, dans sa chambre, à lire et à relire les Hauts de Hurlevent, privée du regard mystérieux et inquisiteur de sir Lockhart. Elle tint vingt minutes dans cette position inconfortable avant de se lever, dans un soupir résigné. Un manteau enfilé sur ses épaules, et la voilà sortie, bravant le froid relatif. Au volant de sa voiture, la musique à fond branché sur une chaine de musique électro, Alix s’était envolée en direction du Phoenix Inn, bar dans lequel la jeune fille se sentait particulièrement bien. Endroit peu fréquenté des gens de haute noblesse, elle y avait passé beaucoup de temps en tâchant de fuir l'odieuse compagnie de ses parents. Elle y avait rencontré bien des gens aux alentours du bar en sirotant de délicieux cocktails, avait écouté de délicieuses musiques jouées par de talentueux musiciens, avait découvert de nouveaux groupes à adorer et de nouvelles amitiés s'était forgée dans cet endroit pourtant miteux en pleine journée. Il retrouvait toutes ces lettres de noblesse dès la nuit tombée, abritant alors non plus des alcooliques notoires mais des fanas de musique, non plus des pochtrons affalés sur des sofas mais des hommes et des femmes parfois respectables -d'autres fois non- goûtant avec bonheur aux doux mélanges alcoolisés offerts par des serveurs à la fois classes et passionnés.

Alix n'avait pas hésité avant d'en franchir le seuil. Elle salua le videur qui attendait à l'entrée et qui la connaissait désormais, puis, sans un regard sur la salle plutôt bondée, alla trouver une place confortable prêt du bar où elle commanda un Mojito, plus par habitude que par réelle envie. Quelle meilleure manière d'oublier la vie qu'en sirotant un bon cocktail en écouytant de la délicieuse musique ? Elle n'en connaissait pas de meilleure. Et pourtant la vie -sa vie- lui revint en tête dès lors qu'elle tourna le visage en direction de la scène. Hallelujah était un de ses chansons préférées, une de celles qui faisaient naître sur le teint de sa peau de délicats frissons éprouvants. Cette fois-ci n'y coupa pas. Baby I've been here before I've seen this room and I've walked this floor, you know I used to live alone before I knew you. A la guitare et au chant, bref, seul sur scène, un brun plutôt canon, que les projecteurs et la distance interdisaient de discerner le superbe bleu de ses yeux. Pourtant, Alix le connaissait bien, ce bleu océan. Elle y avait longtemps plongé le regard pour y trouver la force, le courage de se mettre en danger, de sauter la tête la première dans une mare de vices et de décadence. Cet homme -Floyd Parker- elle le connaissait bien. Elle l'avait bien connu. Aujourd'hui, il n'était finalement plus qu'un étranger revenu en ville, et qui n'avait même pas pris la peine de lui donner de nouvelles, ni même de l'avertir de son retour.

It's a cold and it's a broken hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah...


La chanson touchait à sa fin. Alix se leva, sirotant toujours son mojito, pour se planter non loin de la scène, au beau milieu de la salle comble, de sorte à ce qu'il ne puisse la louper. Là, elle n'applaudit pas. Elle se contenta de lever son verre en sa direction, un sourire quelque peu cynique sur son joli visage angélique. Elle était en colère, beaucoup. Pourtant, une petite partie de son esprit -à moins que ce ne soit son coeur- ressentait un tiraillement de plaisir. Le plaisir de revoir cet ami qui, au moins au début, lui avait beaucoup manqué. C'est pourquoi elle attendrait, jusqu'à la fin de la représentation, se laissant aller aux douces mélodies offertes par la superbe guitare de Floyd.

_________________
we go up in flames.
Il y a des gens avec qui l'on passe une grande partie de sa vie et qui ne vous apportent rien. Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu. Et puis il y a ceux que l'on croise, que l'on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute et changent le cours de votre vie. Quand vous les quittez, ces gens étonnants, vous découvrez qu'ils ont ouvert une porte en vous, initié ce merveilleux mouvement qu'est le désir.
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MessageSujet: Re: boulevard of broken dreams - alix    Sam 28 Déc - 10:01

Floyd voyait les gens bouger légèrement leur tête et leurs lèvres au rythme de la chanson. Ils l’écoutaient, ils l’appréciaient et il aimait ça. Le succès, voir des gens qui l’aiment. Peut-être qu’il n’attend que ça. A l’intérieur, il sourit, il sourit de voir le monde qu’il y a le monde, le monde qui l’écoute, qui l’applaudit parfois. A l’extérieur il esquisse un sourire minime, presque imperceptible. Il perdrait tout son charme s’il commençait à sourire, il ne peut pas, il doit garder une part de mystère. Le regard dans le vide, la voix dédaigneuse, il a tout d’un artiste. Le genre d’artiste qu’on adore détester, le genre qui fait de la musique que personne comprend, mais dans le doute, on ne va s’y opposer, ce doit être de l’art. C’est vrai que ce soir il est surtout un chanteur comme un autre, pas hyper original dans ses choix de chansons ni dans sa prestation. Mais les gens semblent aimer. De toute façon, selon lui, les gens normaux, plats et sans intérêts (ce qui constitue une grande partie de la population) aiment les artistes commerciaux sans profondeur artistique mais avec un style sympa, une tête sympa, une musique sympa, mais pas un truc à faire bander un chameau. Lorsqu’il finit hallelujah, les gens l’applaudissent, à part la fille au milieu, elle lève simplement son verre. La première réaction qu’il a en la voyant c’est : et merde. Oui, là, il est dans la merde. Il l’avait un peu zappé, pendant quoi…cinq ans peut être ? Ce n’est pas grand chose, cinq ans sans nouvelles ? Si ?! C’était presque comme sa meilleure amie, et puis, il s’est cassé faire un tour du monde, sans vraiment lui en parler. Si, la veille de son départ, il lui a vaguement glissé dans la conversation qu’il se barrait pour traverser le monde à pieds. Légèrement déstabilisé de la voir, il continue à chanter, mais il a l’esprit ailleurs. Il sent que les retrouvailles ne vont pas être joyeuses. Il se force à faire le boulot pour lequel il est payé. Lorsqu’enfin il finit. Il ne s’est pas quoi faire. Lorsqu’il était sur scène, il était comme protégé, mais maintenant, il se dit qu’il n’a pas le choix, qu’il va devoir l’affronter. A moins qu’il se barre en courant, mais la technique du lâche numéro un c’est pas franchement pour lui. Floyd n’est pas un type hyper courageux, mais il a affronté bien plus dur que ça. Même si elle lui fait un peu peur et qu’il se demande s’il va s’en sortir vivant, il va quand même l’affronter. Il descend de la scène et se dirige vers le bar, il ne lui accorde aucun regard, prend son cachet et sort dehors. Il glisse les billets dans la poche intérieur de sa veste, histoire de pas les pommer ou de pas s’en faire piquer. Il commence à rouler sa clope. Il en a bien besoin, pas seulement parce qu’il a besoin de se détendre après avoir joué aussi longtemps mais aussi parce qu’il est comme qui dirait légèrement stressé de la confrontation qu’il va avoir avec elle. Car il est sûr qu’il y aura confrontation.
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MessageSujet: Re: boulevard of broken dreams - alix    Jeu 2 Jan - 14:31

Floyd et Jill.
The baffled king composing Hallelujah.
Alix écouta, longuement. Les belles et douces mélodies, certes très connues, qui s'échappaient de la guitare du jeune homme comme de sa bouche. Elle écouta sans mot dire, les lèvres pincées par la rancœur et l'amertume, la douce amitié qu'elle avait soudé avec lui disparu à jamais dans les bas fonds de son absence. Un long voyage. Il avait entrepris un périple incompréhensible à travers l'Amérique et peut-être même le monde, elle n'en savait rien, mais cette douloureuse absence avait fini d'achever une colère qui pourrissait en elle, au fond de son cœur. En un sens, le revoir lui permettait de mettre des mots et des sentiments clairs sur ce bouillon qui prenait place dans son âme, dans son cœur, dans le bas de son ventre, tortillant ses intestins d'une amertume sauvage et brutale. Sirotant son cocktail, Alix s'était installée sur l'une des nombreuses tables, et applaudissait parfois lorsque la chanson   -comme la prestation- méritaient une telle effusion. C'était rare. La jeune femme se souvenait à merveille des morceaux délicieux que Floyd était capable de créer en si peu de temps, de ses paroles émouvantes et uniques, de cet art qu'il possédait dans son cerveau surchauffé. Pauvre artiste incompris, la 'foule' -celle permise dans un si petit bar- en liesse déridait pourtant son visage. Qui, depuis qu'il l'avait vu, avait retrouvé un peu de ses soucis, quelques rides sur son front soudainement inquiet.

Le concert venait de s'achever sur une note grave et traînante. Une note inquiète, une note satisfaite. La note finale à un instant de gloire. Comme les paroles finales qui, quelques années auparavant, avaient aussi mis fin à une amitié sans commune mesure. Ils étaient proches, très proches, trop proches. De l'un et l'autre, ils connaissaient tout. De leurs soucis quotidiens et banals, à leurs histoires de coeur mouvementées jusqu'aux tréfonds de leur caractère pour le moins complexe. Il lui semblait avoir tout vécu avec ce beau brun qui était, peu à peu, devenu comme le frère qui lui avait toujours manqué. Un frère qui l'avait abandonnée pour vivre un rêve dont il ne lui avait jamais parlé. Un frère qui l'avait trahie. Et Alix n'était évidemment pas femme à pardonner la trahison.

Elle le suivit des yeux quelques instants, juste assez pour le voir sortir de la salle, son tabac dans les mains. Au moins, une chose n'avait pas changé en lui : il fumait toujours ces mêmes roulées dégueulasse qu'Alix exécrait tant. Une gorgée de mojito plus tard, elle déposait son verre vide sur le bar, remerciait le serveur, puis passait à son tour la porte pour affronter l'air frais d'une belle soirée d'hiver en Arizona. Elle tourna la tête. Droite, gauche. Il était là, adossé contre le mur, sa clope tout juste allumée entre ses lèvres serrées. Cette fois, une ride inquiète s'était dessinée sur les côtés de sa bouche, une ride qu'elle vit s'accentuer alors que leur regard se croisait. Colère. Amertume. Déception. Un peu de tristesse aussi, et une pointe de bonheur. Alix aurait aimé lui être indifférente, mais cette longue absence l'avait trop fait souffrir pour que son retour ne lui impose pas quelques joies. Il lui avait manqué. « Toujours aussi fidèle à toi même, j'apprécie que tu m'aies avertie de ton retour. » Bim. Voix teintée d'une colère à peine dissimulée, une voix presque grave, mais un regard qui, bien malheureusement, tranchait avec cette haine évidente. Dans ses prunelles, il pouvait lire une certaine forme de contentement. Petite, presque absente, difficilement visible, mais bien là. Et Floyd la connaissait trop bien pour y être aveugle.

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Il y a des gens avec qui l'on passe une grande partie de sa vie et qui ne vous apportent rien. Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu. Et puis il y a ceux que l'on croise, que l'on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute et changent le cours de votre vie. Quand vous les quittez, ces gens étonnants, vous découvrez qu'ils ont ouvert une porte en vous, initié ce merveilleux mouvement qu'est le désir.
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