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 la mécanique implacable de l'existence ne vous concerne pas une seule seconde. feat Sheena

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◭ messages : 77
◭ arrivé(e) le : 28/12/2013

MessageSujet: la mécanique implacable de l'existence ne vous concerne pas une seule seconde. feat Sheena   Dim 29 Déc - 16:36




Tu comprends tous mes silences, chacun de mes petits moments d'absence, si je vais au paradis j'suis pas sure de voir la différence

Avancer qu’on nous répète depuis l’enfance. Du verbe à l’acte, le passage est sinueux. Le passage à l’acte demande force et espérance. Et quand la force n’est plus là ? Lorsque même les jambes qui t’ont soutenu décident, du jour au lendemain, contre toi, de lancer une fronde ? Lorsque le monde dans lequel tu vis et l’air que tu respires depuis tant d’années - te boudent ? Lorsque l’espérance se fait porter pâle ? Livide et onéreuse ? Lorsqu’elle te sourit t’offrant une vue bien triste de ses dents grignotées par le vice ? Avance, Mika’îl, nous sommes encore loin. Loin de quoi ? Loin de qui ? Avance et c’est tout. Ne te retourne pas, ne regarde pas, pas de dernier regard, plus aucun rempart. Tu te jettes dans le vide  et les nuages, effrayés, n’osent même pas te rattraper, c’est qu’ils ont peur, eux aussi. On leur dit : Avancez, sans un regard. Les regards coûtent cher, les regards vous étreignent, vous rendent stupide. Alors, j’avance, tu vois, j’avance – mes pas sont irréguliers, mon rythme est pété – broyé par les mots qui résonnent à mes côtés et que je fais semblant de. De ne pas écouter. De ne pas sous-peser. De ne pas connaître. Ces mots. Ce vocabulaire. Ces façons de les imbriquer de telle sorte d’en faire une phrase qui, creuse des pelletées, là où le palpitant régnait maître. Ces phrases assassines appuyées d’un regard. Tout n’est qu’une question de regard. De point de chute. De chute, finalement. Elle nous amène où, la chute ? Dis-moi ? Ton visage apparaît auréolé de lumière, tu attires les rayons, tu les condenses et c’est dansant autour qu’ils finissent leur vie. Quelle belle fin de vie, mourir sur ces yeux, ces pommettes, ce sourire. Altier, à quelques mètres de toi, je me tiens. Fin prêt. Prêt à monts et merveilles, à la cruauté humaine, aux répliques déraisonnables, aux conversations stériles. Prêt au vocabulaire. A celui de la thune. Au mot : hausse, baisse, cours et actions. Je te souris, poliment. De ce sourire dégueulasse, ce sourire qui pue le faux. Qui n’a même pas la décence d’atteindre mes yeux. Tu vois, tout n’est qu’une question de regard. Une question de réponses. A mes côtés, rigide, ma mère bras croisés sur sa poitrine m’en lance un, de regard. Dont l’éloquence trop virulente a bien du mal à m’échapper. Cette femme d’exception, exceptionnellement conne, qui te vénère, toi, Sheena. La mademoiselle Jackson qu’elle a vu grandir. Toi qu’elle verrait bien dans la famille. La petite poupée articulée, bien maquillée, bien coiffée, bien habillée – bien sous tous rapports. Tu as le monopole du « bien ». Tu es bien. Ce bien qui laisse sous-entendre « sans plus ». Assez bien donc. L’assez bien qui se masque du « bien ». Attendant qu’on la découvre. Le pot aux roses est pourri, les roses sont fanées, la saison ne les a pas épargné. Mauvaise saison ou, mauvaise maison. Mauvais habitants. Trop négligeants. Les Cole ont de l’argent à foison, tellement qu’ils ne savent plus quoi en faire. Royal salue ton père, salue ta « sacro-sainte » maman. Une maman bien sous tous rapports aussi – petit crucifix au cou et le regard qui te crucifie, aussi. Elle est pure, puritaine, ta maman. Une horreur quand on sait qu’entre ces mûrs, ce sont les putes pures qui se faufilent dans la nuit noires, lorsque la grande dame, tu sais, celle qui te regarde avec tendresse, a le dos tourné. C’est ça, le pouvoir d’un regard. Le porter quelque part et être incapable de distinguer la petite disjonction. Toute petite, tellement microscopique qu’elle passe inaperçue. Comme la tristesse qui erre entre les murs. Celle qui se peint sans attendre sur ces faciès. On n’est pas heureux, même pas malheureux. On est rien. On est des moins que rien. On est nous. Nous. « Sheena » que je te lance, sourire aux lèvres, sincère celui-là, trop rare. Tu es cette beauté candide, beauté fétide. Connue à l’époque où les oiseaux chantaient encore la mélodie du bonheur. Pas celle d’la bonne heure. L’heure d’aller pinailler. De toi je me rapproche et sur ta joue fais claquer ces baisers que l’on dit chastes pourtant guère dépourvus d’arrière pensée. « Prête aux conversations narcotiques, à la dilatation du temps ? Je sens que cette soirée sera à l’image de toutes celles auxquelles nous avons assisté jusqu’à présent : mélancolique » - ne nous restera plus qu’à trancher nos veines. A la verticale ‘parait que c’est plus efficace. Parfait prototype – je te présente mon bras : « Je suppose que tu n’as pu l’alcôve ? La magnifique, la merveilleuse alcôve que ma mère a installée ? » Caustique, je t’invite à quitter ces effusions de sentiments, ces salamalecs indigestes qui auront certainement raison de notre bonne humeur. Je fais semblant – de tout. Même d’apprécier ta compagnie. Plus loin, à l’abri des regards indiscrets, sésame, allume-toi et là, mon sésame s’allume. « Putain qu’est-ce qu’ils nous font chier avec leurs dîners d’cons » - le con, ce soir, c’est ton père. Et demain, peut-être que ce sera moi.
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◭ messages : 1772
◭ arrivé(e) le : 27/12/2013

MessageSujet: Re: la mécanique implacable de l'existence ne vous concerne pas une seule seconde. feat Sheena   Ven 3 Jan - 0:58




Braam & Sheena

Mika’il & Sheena| la mécanique implacable de l'existence ne vous concerne pas une seule seconde|


La maison tout entière est en ébullition. Mon frère, qui vient de quitter la salle de bain, termine son nœud de cravate. Mon père, prêt depuis plus d’une heure, vérifie les chiffres des dossiers les plus sensibles et ma mère, appuyée sur le chambranle de la porte, s'assure  que j’ai choisi une tenue adéquate pour le repas chez les Cole. « Qu’est-ce que tu fais, tu n’es pas encore habillée ? » s’inquiète-t-elle alors que je gis dans mon lit en peignoir. Cheminant sans un mot jusqu’à ma garde-robe, je sens le regard inquisiteur de ma génitrice m’épie curieusement. « Je vais arriver. Tu peux descendre, tu sais. » m’enquis-je trop lasse à son goût. En réalité, je suis blessée. Les souvenirs d’une conversation trop houleuse avec l’élu de mon cœur m’accablent de cent ans d’âge. « Non. Je voudrais qu’on profite d’être toutes les deux pour discuter un peu. Qu’est-ce qui ne va pas Princesse ? » Tandis qu’elle prend la place encore chaude de mon lit, je hausse machinalement les épaules. Je n’ai pas envie de parler. Que dire ? Que l’amour est un poignard dans mon dos ? Qu’il m’a rattrapé malgré mes efforts pour l’ignorer ? Que j’ai choisi le mauvais numéro ? Que l’homme qu’elle idéalise pour sa petite fille est celui qui la fait tant souffrir ? Hors de question. Je briserais mes mensonges en même temps que ses rêves. C’est inenvisageable. « Je suis simplement fatiguée. C’est tout. Que penses-tu de cette robe ? » Pour la détendre, j’affiche un sourire plus radieux que le bijou de tissu que j’exhibe sous les yeux de ma tendre maman. Elle est ravissante, ma mère. Dans le rai de lumière artificiel de ma chambre, ses traits s’illuminent d’un éclat nouveau. Bien sûr, le temps accomplit son travail de sape. Néanmoins, il fait bel ouvrage. Ses grands yeux verts pétillent comme ceux des adolescentes et ses cheveux, blonds comme les blés, sont toujours aussi forts et aussi brillants. Seules ses lèvres sillonnées de quelques rides semblent marquées par les années. Il n’empêche que, maquillées de rouge, elles n’en restent pas moins gourmandes. « Qu’est-ce que tu nous caches ? » insiste-t-elle alors, loin d’être dupe à mes petites manigances. « Rien. Je t’assure. Tout va bien. Je ne suis simplement pas ravie d’aller manger chez le patron de papa, c’est tout. Tout le monde va parler finances et je vais m’ennuyer toute la soirée. » Demi-mensonge. Ces fausses réunions amicales me fatiguent au plus haut point. « Pourtant, il me semble que tu apprécies Mika’il. Il sera présent lui aussi. Sa mère me l’a affirmé. » ajouta-t-elle, finissant d’élargir mon sourire. Un peu de baume sur mon cœur engourdi.

***

Alors que l’hiver touchait doucement à sa fin, j’enfilai tout de même une veste noire par-dessus ma robe rose pâle. Elle était parfaitement assortie aux escarpins confortables que j’ai choisis pour finir ma tenue. J’étais sobre, simple, à l’image de mon maquillage presque inexistant. Si j’avais pu faire machine arrière, je l’aurais fait. Vraiment, j’aurais préféré être ailleurs. Seule la présence de Mika’il me retenait là. J’aimais sa compagnie, Cole me rassurait. Avec lui, je me sentais aussi forte que fragile. Endurante de ses conseils, fragile devant sa détermination. Tout comme cette famille tout entière me déplait. Sa mère, délicieux personnage trop doucereux pour être honnête, nous accueille d’une grimace adorable, une grimace qui détonne de celui de Royal plus carnassier. Cet homme aux yeux froids, pas vraiment beau, pas tout à fait laid, m’intimide au point que je baisse les yeux aux premiers mots. Quelle joie alors d’entendre résonner la voix de mon sauveur, de ma motivation à me joindre à ce repas surfait où chaque sourire est une insulte. « Mika’il, c’est un plaisir de te voir » lui répondis-je en m’avançant vers lui. Mon frère me vrilla du regard quand j’accueillis le baiser de cet étrange ami sur ma joue rosie. « Je sens plutôt qu’elle sera terriblement ennuyeuse. Si je n’avais pas été informée de ta présence, je ne serais pas venue. J’aurais largement préféré être ailleurs. » lui répliquais-je en saisissant le bras qu’il me tend pour m’éloigner de ces automates pour m’emmener visite une alcôve dont nous n’avons que faire. Il en parle avec ironie, je ne lui accorde aucun regard. « Un diner de cons… » répétais-je en m’appuyant contre la rambarde. Imaginer mes parents endosser ce rôle ingrat m’a instantanément dégouté. « Tu sais… parfois, le con n’est pas forcément celui auquel on s’attend. » Il traine dans ma voix un soupçon de rancœur et de cynisme dont il ne s’offusquera certainement pas. Il sait trop bien mes défauts, le temps l’aida sûrement à les apprendre par cœur. « Je déteste ces dîners. Jouer les ingénues pour satisfaire mes parents et plaire aux tiens est particulièrement épuisants. Remarque, ça a l’air de fonctionner. Ta mère a l’air conquise à chaque fois qu’elle me croise. Qui sait, peut-être qu'un jour, nous nous servirons de garde-fou… » plaisantais-je en soupirant d’aise. « Alors ? Comment vas-tu ? Les affaires, les amours… depuis le temps que nous nous sommes vus, j’imagine que tu as des tas de choses à me raconter. Non ? »

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