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 (r) friend with the monster that's under my bed

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◭ arrivé(e) le : 28/12/2013
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MessageSujet: (r) friend with the monster that's under my bed   Mar 31 Déc - 1:29


friend with the monster that's under my bed


get along with the voices inside of my head, you're trying to save me
Rien n'était allumé. Rien, si ce n'était la braise de cette doucereuse drogue qu'il aspirait telle l'ultime souffle auquel sa vie était rattachée. Quand finalement ses lèvres abandonnaient le filtre de fortune, les volutes de la fumée s'échappaient en effluves sucrées qui dansaient incessamment dans le petit salon encombré, rongé par les ombres, suintant la peur et l'horreur. Même les quelques rayons de soleil filtrant au travers des stores soigneusement clos semblaient agresser la rétine de Callum qui, les yeux mi-clos, observait avec cette indifférence caractérielle les mouvements et souvenirs hachés par l'odeur pestilentielle de l'appartement. la peur et l'horreur. Çà le prenait au corps, ça le prenait au cœur. Parce que des fumées il en avait connu des bien plus sombres et étouffantes. Parce que des fumées il était revenu toujours à moitié mort.
Des jours ou des nuits peut-être qu'ainsi il vivait d'une manière latente et retardataire, espérant que quelque part le Monde l'attendait alors que lui toujours s'échappait tel le fantôme qu'il tentait pourtant lui-même de fuir. C'était le passé qui rattrapait et grignotait l'esprit tel l'acide ou le feu, insatiable appétit auto-destructeur qu'il nourrissait de ses propres actes. C'était l'auto-mutilation de l'âme, de la dignité et de l'humilité. Il n'avait plus rien. Ni mémoire ni personne. Mara n'osait même pas compter le nombre de jours qu'il avait passé ainsi dans l'ombre, croyait même ne pas savoir s'en rappeler. Parce que lui il était là-bas. Dans la poussière des déserts et l'étincelle des armes à feu. Il était toujours là-bas. À demi-enterré à demi-mort. Il ne faisait que creuser sa tombe, solitaire avec comme seule arme cette haine et ce dégoût qu'il pouvait avoir à son propre égard, et ce goût ferreux, ce goût rouge de passion dévorante et destructrice. Il ne s'agissait ici ni d'amour ni de haine. Mais bien de mort, de ce sang qu'il pouvait apercevoir encore sur le bout de ses doigts, qu'il pouvait sentir s'incruster sous ses ongles tel la crasse répugnante des bâtisses moisies et en ruines. Tout s'écroulait. Tout était au sol.
Une nouvelle bouffée de la drogue salvatrice, une longue et intense qu'il conserva en lui assez longtemps pour que le tournis lui vienne à l'esprit. Un sourire imperceptible naquit sur son visage tandis que glissant ses doigts tremblants sur ce front perlé de sueur, il parcourut quelques instants la peau moite de son visage, témoin des convulsions récentes desquelles il avait été victime. Maladie ou souvenirs trop intenses, il n'en connaissait pas la cause, ne désirait sûrement pas l'explorer davantage tant il savait le chemin périlleux et effrayant. La mort ne serait ici rien de plus qu'une appellation supplémentaire à cet état léthargique qu'il entretenait déjà depuis son retour. Depuis qu'il avait survécu. Callum ouvrit les yeux, les conservant plissés cependant, s’accoutumant difficilement au peu de lumière éclairant l'appartement. Il parcourut avec dépit les vallées et courbes des multiples bouteilles étalées à même le sol, leurs lèvres toutes entrouvertes et sèches, toutes vidées et indifférentes. La pièce était en piteux état. Assis à même le sol contre un fauteuil de cuir, il laissa ses prunelles vagabonder pour venir finalement s'échouer sur la table basse, apogée de ces paradis artificiels qu'il consommait sans limite. Se traînant lentement jusqu'au jardin d'Eden, Mara attrapa une nouvelle pochette de marijuana après avoir écrasé les reliques de son précédent joint, sortit - difficilement et non sans avoir fait plusieurs tentatives - une feuille et commença, morne, à rouler un énième pétard entre ses doigts maladroits et incertains.
Un son strident qui lui vrilla la tête. Callum grimaça et vacilla brusquement lorsqu'il entendit un poing frapper énergiquement contre la porte en bois de son appartement. Il n'en fit rien, continua son entreprise des plus périlleuses tant ses maux de tête semblaient s'être accentués suite à quelque simple son. Pourtant bientôt déjà il entendit la porte se claquer, des pas s'aventurer dans cette jungle ô combien doucereuse. Lorsque finalement il put deviner un soupir dans son dos, il lécha le dessus de sa feuille et la joignit au reste avant de se retourner lentement.  Cette carrure, sûrement aurait-il pu la reconnaître parmi mille autres. Il les aimait tous tant. Sans exception. Ils les avait aimé tous tant. Sans exception. Redressant finalement le regard sur l'ombre se tenant debout à quelques mètres de lui, Callum inspira profondément, allumant avec maladresse son joint et laissant ses prunelles parcourir ces traits familiers avec un plaisir inavoué. Lui cherchait son regard, idiot qu'il faisait. Il y avait bien longtemps que les yeux de Callum n'avaient daigné en croiser d'autres.
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◭ arrivé(e) le : 29/12/2013

MessageSujet: Re: (r) friend with the monster that's under my bed   Jeu 2 Jan - 20:58

Ça ne fait même plus mal. Non, plus vraiment. Plus assez. Il regarde les photos, mais il ne pleure plus, Sweeney. Trop longtemps que ses yeux ont déjà tout versé. Qu'ils ne sont plus capable d'une larme pour elle, qu'ils ont déjà trop mouillé ces photographies qui en témoignent, par leurs courbes arrondies et pleine de vague. Il a le vague à l'âme, le Donnelly. Un océan de troubles, de tortures qu'il s'inflige, pour se punir encore et encore. Et sa pire punition, c'est son sourire. Constant, toujours, rayonnant. Un sourire qu'il s'est agrafé sur les lèvres, même si ça lui fait mal aux joues. Un océan de ruines, oui. Un château de cartes, balayé par un coup de vent. Par des phares éblouissants. Des pneus crissants. Une lune trop rieuse, une nuit trop noire, un amour trop fort. Il se souvient de chaque seconde. Et ses cauchemars s'en souviennent aussi, lorsqu'il s'éveille la nuit, dans un cri étranglé. Quand il hurle son prénom comme un loup hurlerait à la lune pour l'injurier. Oui, l'injurier de sa malédiction. (...) Sweeney fait tourner l'alliance entre ses doigts. Il la garde toujours sur lui, dans son portefeuille, dans sa poche arrière. Il la touche souvent, comme pour se convaincre que c'était réel. Que ça a bien existé. Qu'un jour, il a été aimé comme ça. Il grimace et range son anneau précieusement. Ça le brûle, là au bout des doigts. Comme lorsqu'il les faisait courir sur la courbe de ses hanches, dans ces nuits blanches, dans ces terrains d'insouciance. Il soupire. Bon, il lui faut faire une bonne action aujourd'hui. Comme pour se laver de ses crimes. Il se lève, tout engourdi du fessier à force d'être resté là, assis, courbé. Mais ça, c'est rien. Là, ce n'est pas par terre. Là, ce n'est pas le fantôme qu'il a eut été cinq ans en arrière. Il lui suffit de fermer les yeux pour se voir encore errer les ruelles abandonnées, hurlant un prénom à l'agonie. Il se voit encore, à avaler tout ce qu'il pouvait pour tenir le coup, ou pour tout faire cesser, on n'a jamais vraiment su. Mais il est debout, à présent. Il s'est relevé, parce qu'ici, on n'a ps d'autre choix. Faut rester dans la course. Faut continuer à marcher. Sweeney croise son regard dans le miroir. Il y injecte une petite dose de bonne humeur. Il lui en faut peu. Ou beaucoup, tout dépend du point de vue. Mais il y parvient. Il a de l'entraînement, maintenant, le bonhomme. Il ne lui faut pas beaucoup pour s'apprêter, et il affronte enfin le froid mordant de l'hiver. Mais ça non plus, c'est rien. Il le sent à peine. Parce que la morsure des ténèbres et des enfers est bien plus douloureuse, là au creux de son coeur. (...) Il frappe une fois. Il veut voir comment il va. Mal, il le sait. Il ne se fait pas vraiment d'illusions. Mais il aimerait. Il sait pas trop, mais le voir avec un sourire. Un vrai, pas un sourire prémâché. Aucune réponse. Alors, il tourne la poignée. C'est ouvert, comme toujours. N'importe qui pourrait rentrer ici, s'infiltrer, et le dérober. Mais il n'y a plus rien à voler chez notre Mara. On lui a déjà tout pris. Il n'reste que son enveloppe, que l'ombre d'un gosse qu'on a piétiné et enfermé sous clé. Son âme est là, dans un bocal peut-être, rangée dans un tiroir fermé à double tour. Mais il n'en a plus la clé, et Sweeney non plus, malgré toute sa volonté. Il plisse le nez. Il remarque de suite l'odeur âcre. Il a fumé. Non, il fume. Il voit encore les volutes de fumée qui stagnent, près du plafond, comme des ballons prisonniers d'une cage. Il pose un regard sévère sur lui, mais sans dire un mot, il va d'abord ouvrir les fenêtres. Il aère, il fait entrer l'air, l'univers. Il frissonne. Là, il le sent le froid. « Bon, qu'est-ce que tu fous ? » Il s'est retourné, et croise les bras, appuyé au chambranle de la fenêtre. Ses deux prunelles hésitent entre lancer des éclairs et des brumes de réconfort. Callum ne semble même pas le voir. Comme s'il n'était qu'une illusion, une chimère propre à sa vie, un fantôme. Sweeney le sait. Il est devenu un promeneur errant, de ces comptines pour enfants turbulents. Il est devenu le grand méchant loup, mais porte très bien le déguisement de la grand mère. Et son chaperon rouge n'est plus, de toute façon. Il s'approche. L'air un peu gauche, un peu réconfortant, un peu menaçant. Tout ça à la fois, si on sait lire entre les pas. Il s'accroupit, pour être au niveau de son petit protégé, qui est là assis à même le sol comme un mendiant. Ah, mais c'est qu'il mendie sans l'avouer. La vie, la pitié, la mort. Tout, peut-être. « Ça va ? » demande-t-il, d'un ton plus doux, cherchant à capter le regard du jeune. Il lui arrache – avec douceur, pourtant – le joint qu'il tient, pour l'écraser dans le « cendrier » improvisé qu'il y a non loin. Il le dévisage, attendant une réponse, une réaction, peut-être. Détaillant ces traits, qu'il a, fut un temps, rêvé d'effleurer, de toucher, de dévorer.
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MessageSujet: Re: (r) friend with the monster that's under my bed   Sam 4 Jan - 0:13


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C'était ces ombres qui le bouffaient et le rattrapaient quoiqu'il faisait, sans que jamais il ne se plaigne, qu'il n'émette une objection ou ne tente un instant de se rebeller. Elles se nourrissaient de ses peurs passées et futures, lui les leur offrait servies sur un plateau d'argent, les yeux clos, les mains tremblantes et le cœur battant. Organe saignant saigné, qui se vidait chaque instant un peu plus, qui battait doucement, imperceptiblement. Comme paralysé, comme glacé, figé dans le temps et les âges sous la glace et cette couche superficielle qu'il ne faisait qu'entretenir avec minutie. Il était froid. Assez pour que plus rien jamais n'atteigne son coeur. Pour que plus jamais il ne batte de nouveau. Callum avait la trouille. Jamais il n'avait été aussi effrayé. Peut-être n'était-ce pas ces bombardements et ce cris qui encore le hantaient. Peut-être était-ce la perte et l'amour, la mort et la peur. Ca suintait l'horreur et le cauchemar. De toute part ils l'assaillaient, monstre éternel d'une nuit. Celui-ci ne mourait pas. Il ne le faisait jamais. Peut-être était-il indestructible, tout du moins Mara semblait bien trop vulnérable pour le battre seul. Il n'avait plus la force nécessaire, ni même la volonté pour ainsi se battre contre ces démons vicieux et malins qui toujours semblaient se mouvoir qu'une fois la nuit tombée. Là résidaient les plus belles peurs en leur apogée. Quand à la lisière du bois le loup hurlait silencieusement, suivi de loin par d'autres de sa meute encore. Quelques fantômes abandonnés au désert et au sable. Quelques fantômes qu'il croyait encore derrière lui, parfois, répondant à ses hurlement. Pourtant plus personne n'était là.
Peut-être ainsi de ces paradis artificiels il usait pour les faire revivre, pour les oublier. Le but même en avait été effacé, au cœur bâti tel ces vulgaires ardoises qu'on effaçait pour mieux les rhabiller. Et puis, à force, elles finissaient par s'user. Sans que rien ne puisse être effacé puisque toujours quelques résidus restaient, contre son gré, sans qu'il ne les voit. Sans que personne ne les voient. C'était les témoins d'une vie hachée et lacérée, incertaine, d'allers et retours, des bienvenu aux au revoir. C'étaient les lignes tracées qui à l'horizon s'évanouissaient sous les traits du bitume et l'odeur de l'amertume, de cette sensation d'inachevé qui parfois rythmait les destins. L'inachevé n'était que son quotidien. Parce qu'il avait le goût acre des cendres. De celles qu'il entassait au fond d'un cendrier, à même le sol, parfois même sur le verre de sa table basse. Elles s'écrasaient toujours.
Il n'avait pas envie que l'on s'occupe de lui, il se donnait déjà bien trop de travail à se charger de lui-même. Comme un gamin. Il n'était que cela. Un gamin qui avait perdu son chemin. Le regard de Donnelly, à vrai dire, ne lui rappelait que trop amèrement. Il le regardait comme il aurait pu regarder ses petits frères. Il le regardait comme s'il imaginait que Callum n'était pas conscient de ce qu'il faisait. Bien sûr qu'il le savait. Il se détruisait.
Un gémissement grave s'échappa d'entre les lèvres du jeune homme lorsque Sweeney ouvrit les rideaux, puis les fenêtres. Plissant les yeux, la rétine brûlée par la lumière, il glissa sa main libre devant son visage, demeurant silencieux pourtant. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait eu à affronter une telle luminosité - quelques jours ou semaines, peut-être, il ne les comptait plus. Un frisson le parcourt pourtant, mordant et déchirant lorsque finalement l'air frais parvint jusqu'à son corps déchu. Mara se redressa, de manière infime, s'habituant peu à peu à la lumière du jour tandis que, fébrile, il glissa de nouveau le joint à ses lèvres sans même prêter attention aux faits et gestes du parasite. Il n'en avait que faire. Il n'avait pas le courage de le suivre, parce qu'en dépit de son état second, il savait pourtant parfaitement où Donnelly souhaitait le mener. Sur ce chemin qu'autrefois il avait emprunté, certes scabreux et parfois difficile, mais réel. Il voulait le ramener à la vie. Il y avait pourtant bien longtemps qu'il l'avait abandonnée, jetée, souillée même, lavée tant de fois auparavant avec une aisance déconcertante lorsque l'on regardait le résultat. La vie n'était plus, sale ou propre, elle n'était plus. Juste partie. Juste envolée. Callum l'avait libérée puisqu'il n'était plus qu'un poids mort pour elle.
Il n'avait pas prêté attention aux mots de son ancien ami, peut-être même ne les avait-il pas entendu. Perdu dans les méandres d'un esprit et d'une conscience dont il ne connaissait même pas l'existence. Il finit par redresser le regard. Il croisa celui de Donnelly qui finalement s'accroupissait à ses côtés, défaillit un instant, conservant cependant ce monstre de masque qu'il maniait à merveilles. Il se perdit quelques instants dans les prunelles de Sweeney, détourna bien rapidement le regard, esquissant un léger sourire provocateur en baissant la tête. Il jouait. Il ne faisait que cela, tandis que difficilement il tentait de conserver en lui ce coeur qui semblait si intensément s'échapper. Mesquin. Il finit par répondre. « À croire qu'être Donnelly inclut le fait d'être un casse-couille sans scrupule. Tu m'fais chier Sweeney. Tout va bien merci. » Il redressa de nouveau le regard, lui sourit avec toute cette impertinence dont il savait faire preuve, se redressa et se hissa jusque sur le fauteuil contre lequel il était assis, manquant de donner un coup de pieds à son interlocuteur. Il s'en fichait. Rattrapant le joint dans le cendrier il l'alluma - il était encore trop grand pour être entièrement détruit - le glissa entre ses lèvres et en tira plusieurs bouffées sans jamais reposer le regard sur l'homme à ses pieds. Il demeura ainsi, le regard dans le vide, de longues secondes. Cette présence ne lui faisait rien - tout du moins il essayait réellement de s'en convaincre. Alors, d'un ton las, il se contenta de reprendre, sans réellement grande émotion. « Casses-toi. »
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