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 la complainte du démon

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◭ messages : 58
◭ arrivé(e) le : 27/12/2013

MessageSujet: la complainte du démon   Ven 3 Jan - 18:26



Mais c'était juste une ombre
C'était juste une silhouette
Qui ressemble à toi.



Des esquisses de vie. De toi. De moi. De nous. Des esquisses de notre passé, de notre présent incendié, de notre futur enterré. Des esquisses de tes sourires, de soupires, de larmes et de tes charmes. Esquisse de ton corps, de ton cœur. Esquisse de ton fantôme.

Des esquisses, partout dans le regard clair de ses yeux morts. Un regard éteint, si semblable au tient. L'étincelle en moins. Et je me tord la conscience à rester loin, assez proche pour la voir. Me délecter de la sensation folle de t'avoir encore, au moins un peu.


Des pas incertains claquent sur un bitume froid. Nuit glacial.Rude hiver. Pourtant, rien de différent pour toi. Des années déjà que ton palpitant a migré vers des températures polaires. Dans un Phoenix d'hiver, il y fait presque chaud. L'alcool y joue sans doute un rôle également. Des verres avalés à foison, comme un assoiffé aurait bu de l'eau. T'aurais  voulu une meilleure soirée : un visage doux au sourire enjôleur, un corps nu dans ses draps low cost. L'oubli continuel. Oublie de ta vie le temps d'une nuit. Oublie d'un prénom à l'heure du chant de l'alouette. Oubli du monde, de toi-même. Se perdre dans les cheveux senteurs vanille d'une inconnue croisé là. Comme tu le faisais chaque fois. Mais ce soir, le monde se jouait de toi. C'était le visage d'Hannah qui te suivait, partout. Vicieux et perfide, susurrant à ton oreille que ton amour n'était pas si loin. Le fond de ton verre en avait même l'image : Hannah jusque dans les couleurs ocre de ton whisky. Tu l'aurais embrassé, jusqu'à lui faire mal. Te faire mal toi-même à tant l'aimer. Mais la vision psychédélique de l'ange blond ne faisait souffrir que l'un de vous deux. Et comme toujours, c'était toi. Alors tu vidais piteusement les verres, cherchant à engloutir son visage, ou à absorber ses traits pour mieux t'en souvenir, difficile à dire. Vaine solution. Les verres suivants laissent à nouveau entrevoir une part d'elle. Ses yeux. Ses lèvres. Ses mains. Ses pommettes. Même ses pommettes, tu les reconnaissaient. D'Hannah, tu en aurais même reconnu un unique cheveux. Elle était un tableau, somptueux, éternel. Une œuvre parfaite dont tu aurais admiré chaque détail, chaque infime parcelle pour savoir le reproduire à l'identique. Mais ce soir, elle devenait fantôme perturbateur de ton esprit déjà tourmenté.  

Les verres avaient fini par dissiper son visage. Tu t'étais mis à la chercher. Étrange paradoxe. Le refus de sa présence trop douloureuse. La peur de son absence, encore plus meurtrière. Paumé dans Phoenix, ton visage effrayé de ne pas revoir son ombre au coin d'une rue. Tes pas qui se perdent, ici, là. Un café, un musée. Des lieux inconnus qui tournent autour de toi. Maryvale. Tes doigts malhabiles qui frappe les sonnettes, ta bouche empâté qui prétend avoir oublié la clef du hall, tes pas vacillants au milieu des couloirs. Une réflexion lente quant à la porte coïncident avec la fenêtre à laquelle tu l'as vu. Sonner. Une fois. Deux fois. Trois fois. Frapper la porte de bois avec un pathétisme battant tout ce que quiconque avait pu imaginer jusque-là. « Hannah. HANNAH ! » Ta voix misérable porte haut dans la supplication. Ou est ta fierté ? Ton aplomb ? Ta détestable indifférence ? Ou sont passés ta vanité, ta quête éternelle de solitude et ton cynisme déplaisant ? Le démon se donne des airs de loup, n'est-il pas qu'un chien ? Misérable caniche qui sait plus que nul autre japper piteusement sans jamais vraiment mordre. Des paroles assassines masquant un manque de savoir-faire, de savoir-vivre. De savoir être. Parce que tu sais pas qui t'es Rhett. Tu sais pas ce que tu fais ni ou tu vas. Et tu prétends que c'est pas grave, que tu ne désires que ça : crever. Crever encore et faire crever les autres. Mais la seule chose que tu sais, en réalité, c'est que t'es misérable. Misérablement amoureux d'un fantôme qui ne reviendra jamais. D'un visage que tu penses simulacre de vie, qui n'est pourtant que stèle de ta propre existence.  « Jt'en pris, me laisse pas là. Ouvre moi. » Ton corps s'épanche contre la porte, ton front posé sur le bois bien vernis des appartements mille fois plus luxueux que ton taudis. Puis l'attente. Toute ta vie, tu attends, Rhett. Mais qu'est-ce que t'attends  ? Tu sais pas. T'as jamais vraiment su.

L'aube aura les saveurs d'alcool d'une énième nuit d'errance.
Et l'image de ton pathétisme en paysage.  


Dernière édition par Rhett Hawtorn le Jeu 16 Jan - 19:21, édité 4 fois
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◭ messages : 75
◭ arrivé(e) le : 28/12/2013

MessageSujet: Re: la complainte du démon   Mer 8 Jan - 23:54





Je suis pas là pour me faire aimer
Ca fait mal et j'ai peur
Je suis pas venue t'aimer non plus
J'ai vu les décrues de ton coeur


Tu traînes ton cadavre depuis des jours, loque que tu es, comme un prisonnier traîne son boulet. C'est ce que tu es, prisonnière, prisonnière d'un souvenir, d'une vie passée. Prisonnière d'une image, d'un bout de femme. Tu navigues à vue entre le canapé miteux et le lit, dont l'état n'est pas meilleur. Tu vis de tes cigarettes et du bourbon bon marché que tu te procures au supermarché du coin. Rien de reluisant. Même toi, tu n'as plus le brillant d'antan, celui que Dylan te conférait. Celui que Dylan te dispensait gracieusement. Le surplus du brillant de Dylan. L'iridescence de Dylan. Dylan l'aveuglante, Dylan la belle. Longtemps tu avais vécu dans son ombre, ne survivant que grâce à la lumière qui émanait d'elle. Elle était ta mère nourricière et ton Soleil, ta raison de vivre et de mourir. D'un claquement de doigt de sa part, tu te seras tuée. Et tu ne doutais pas que parfois, elle puisse en avoir eu envie. Te voir morte, étendue, livide, cadavérique même. Oh, ça lui aurait sûrement fait plaisir, d'être débarrassée de toi, Faust l'aimante, Faust l'obsessionnelle. Faust la malade, dont la passion tourne au compulsif, au pathologique. Même toi, tu pouvais lire dans les yeux de Dylan à quel point elle s'étouffait dans ton amour, mourrait à petit feu. Tu t'aperçois avec horreur que tu es devenue amère quant à ta relation avec Dylan la scintillante. Tu la voyais magnifique, déesse vivante descendue sur Terre pour toi, pour te sortir du marasme de ta vie de mortelle. Elle n'avait maintenant pas d'autre figure que celle d'une gorgone, monstre à visage humain, et il t'arrivait, dans des accès de rage froide, de la haïr, du plus profond de ton être. Tu te repentais ensuite, te flagellais et implorait le pardon de son fantôme, avant de sombrer dans une inconscience proche du coma, alimentée par l'alcool que tu ingurgitais depuis le fin fond de ton désespoir. Puis, tard dans la nuit, tu émergeais et pleurais sur ta condition misérable de laissée pour compte, de femme bafouée.

Tes yeux brûlants cerclés de rouge, ton corps amaigri, tu les contemplais chaque jour dans le miroir, tirant sur tes cheveux pour les dompter, essayer de te redonner figure humaine. Déphasée, pleurant la nuit, dormant le jour, tu perds la notion du temps, oublie d'aller en cours, d'aller au boulot. Quand tu te lèves, hagarde, pour venir t'échouer sur le canapé, enroulée dans un plaid, tu restes quelques instants à te regarder dans le reflet de la vieille télévision que tu as traînée de chez tes parents à ici. Avec un regard dédaigneux pour la blonde dans la télévision, tu te penches pour attraper ton paquet de cigarettes, avant d'en piocher une et de la porter à tes lèvres. Et puis trois coups. Comme ça. A ta porte. La tienne. Pas celle du voisin, non, la tienne. Plus personne ne frappe à ta porte depuis longtemps, depuis Dylan. « Hannah. HANNAH ! » Ah. Non, un pauvre crétin sans doute, trop bourré pour se rendre compte qu'il n'est pas la bonne adresse. Tu décides de l'ignorer et d'allumer ta cigarette, entretenant ton cancer futur. C'est que ça se cultive, ces petites bêtes-là. Dans une tentative dérisoire pour tromper ton ennui, tu prends sur la table basse devant toi le bouquin que tu es supposée lire pour la fac. A peine deux pages lues, puis à nouveau, la voix. Pitoyable, solitaire, déjà presque morte. « J't'en pris, me laisse pas là. Ouvre moi. » Tu lèves les yeux sur ta porte, comme si c'était elle qui te parlait, te suppliait. Hésitante, tu te lèves, flottante dans ton pyjama rose, laisse ta cigarette dans le cendrier et tu marches jusqu'à la porte, la porte qui parle, la porte qui te supplie de pas la laisser seule. Tu plaques ta joue contre elle, t'efforçant de percevoir, de l'autre côté, la présence de l'autre, cet autre qui t'appelle par un autre nom. « Je... J'suis pas Hannah. Elle n'est pas ici non plus... » Ça ne t'empêche pas d'ouvrir la porte, doucement. Tu t'attends à tout trouver, de l'autre côté. Harry Potter, Madonna, ou même Barack Obama. Mais non, c'est un type comme un autre, qui porte un regard alcoolisé sur toi, un regard que tu connais déjà. Tu arbores régulièrement le même. Tu ouvres un peu plus la porte, serre tes bras autour de toi, dans un geste protecteur. Trop longtemps écorchée, tu te calfeutres dans un univers ouaté. « Qu'est-ce que vous voulez ? » Tu lèves les yeux sur lui, sur son visage embrouillé, embrumé par l'alcool, sur les ténèbres dans son regard. Et tu te dis que quelque part, il existe donc quelqu'un de plus détruit que toi.


désolée, c'est nuuuuul...
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◭ messages : 58
◭ arrivé(e) le : 27/12/2013

MessageSujet: Re: la complainte du démon   Jeu 16 Jan - 19:48



Mais c'était juste une ombre
C'était juste une silhouette
Qui ressemble à toi.



Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Un peu Rhett, plus tellement Maïra. Puis Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah. Hannah.

« Je... J'suis pas Hannah. [...] »
Et Hannah n'est plus là.
La fin de la phrase se perd dans un maelström de confusion. Hannah. L'ange blond. L'ange blond puis Hannah. Le désespoir de la déception, puis la folie de l'inacceptation. Hannah. Hannah. Ça n'a toujours été qu'elle, partout, ici, là, dans le vide foudroyant et les foules étouffantes. Dans l'obscurité incertaine des nuits de désolation et dans les rayonnements du jour qui lui foutait la gerbe. C'était Hannah dans ses rêves, douce et bienheureuse, c'était elle dans ses cauchemars, égoïste et meurtrière. Elle était là. Rhett le savait pour vivre, survivre, à moitié mort, déchet écœurant, dans l'ombre de sa non présence. Ses journées d'errements étaient rythmées par le martèlement muet des pas de son amour sur le macadam de l'attente. Chimérique, tel était le mot. Mais l'utopie morbide était bien plus douce que la réalité qu'on venait de lui renvoyer à la gueule.

Son regard. Ses yeux d'azur qui se frappent à son crâne avec horreur. Ce n'est pas Hannah.
Ce. N'est. Pas. Hannah.
C'est une autre, une moins que rien, une je-ne-sais-qui. Une Hannah ratée, foirée, édulcorée. Vieille poupée déglinguée. Inintéressante. Une non-Hannah. Une fille qui n'est pas elle. Personne, en somme. Sa tête tourne comme dans ses jeux pour gosses ou l'apesanteur n'a plus lieu d'être, incapable de relever les genoux du sol. Sosie non conforme, trop semblable, différente pourtant. Il le sait. Il n'en voit pas encore les nuances, mais il se rend compte déjà, de son nez différent, de ses ongles plus arrondis, de ses mains plus fines, plus abîmées. Moins poupée de porcelaine dans le genre d'Hannah. Moins rayonante. Moins belle. Moins intelligente sans doute, moins cultivée, moins ceci, moins cela. Moins Hannah. Mais Hannah un peu, tout de même. Beaucoup trop pour la rendre réel. Est-ce une chimère elle aussi ? Douce épave aux cheveux fait de rayons de soleil, aux yeux taillé dans les pierres de tristesse océanique, est-elle un énième songe ? Un nouveau coin de paradis mortel ou Rhett pourrait se réfugier ? Il en sent pourtant sa chaleur, réel, tangible. Une présence qu'il n'invente pas. Une presque-Hannah. Cadeau divin. « Qu'est-ce que vous voulez ? »  T'aimer. Comprendre. Apprendre. Être moins con. Me relever aussi, parce que je prierais jamais ses Dieux à la con pour tout ce qu'ils m'ont fait. T'aimer encore. Aimer Hannah surtout, à travers toi. Me perdre dans ton regard dégueulasse que j'associerais au sien. Utiliser ton corps pour en faire l'autel de mon amour. Puis te briser. Ô te briser pour avoir perdu raison, cœur et âme au nom de l'insulte en A dont on fait l'éloge pour les romans de midinettes à la con. Je jouerais bien le jeu, je pense. La mascarade du salaud qui t'aimera, le temps que ça durera. Puis a qui tu ne suffiras pas. Parce que tu ne seras pas elle. Et sans doute, sûrement même, que t'en crèveras. Comme moi. Mais ça s'dit pas tout ça. Non ça s'garde pour soi.

Et puis, on entend dire,
''Dans son regard absent, et son iris absinthe''
Sa douleur, à en crever.
« J'veux un verre .. d'eau. »
Puis t'observer, te reluquer, me laisser hypnotiser par ton austérité.
Un verre d'eau. Mon cul.
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