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 je pars en couilles. (sal)

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◭ messages : 32
◭ arrivé(e) le : 05/01/2014

MessageSujet: je pars en couilles. (sal)   Lun 6 Jan - 1:09



sal de nerval

le corbeau.
Maître Corbeau sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard par l’odeur alléché
Lui tint à peu près ce langage :
Et bon jour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

En récitant cette fable j'ai l'impression d'y raconter une partie de mon existence. Tu sais, j'ai la sensation d'être ce corbeau noir, là, perché sur son arbre, le fromage dans le bec. Sauf que moi, je sais pas voler … et j'ai même pas d'ailes. Fin, j'sais pas, elles ont du se choper un coup de plomb par un chasseur qui passait par là. Elles sentent mauvais : le sang et le cramé. Mais j'ai les mêmes yeux sombres et mélancoliques, comme si je venais de perdre ma mère. Pourtant, ça fait déjà dix ans qu'elle est plus là. Donc, oui, je suis un corbeau qui ne sait plus que marcher. Alors, on va supprimer l'arbre et sa branche. J'ai rien pour me soutenir, et ça marche plutôt bien avec moi : je me suis cassé la gueule. Le renard qui me fait face, il n'a même pas de dents, lui. Alors, quand il me sourit, ça me fait sourire aussi et je prends confiance immédiatement. Il a suffit d'un regard pour me dire : merde, ce renard, on a envie de le caresser et de l'aimer. Sauf qu'entre nous, y a ce fromage, ce foutu fromage trop gros et envahissant. Celui qui fait naître des paillettes dans les pupilles du grand roux. Je peux voir la salive au bord de ses babines. Si on y met un peu de réalisme, qu'on retourne un peu dans la vraie vie, le fromage devient une fille (c'est toujours de la faute des filles). Jusqu'ici je la présentais comme ma petite amie, ma moitié, mon âme sœur, mon amour éternel, l'unique. Je l'avais rencontré a quinze ans et quatre ans après on se tenait toujours la main. Pourtant, face à Maître Renard, j'ai juste envie de cesser de l'embrasser et de crier comme un hystérique vermine ! Salope ! Traînée ! Briseuse de cœur ! Pars, tu vois pas comme tu déranges !
Mais je ne le fais pas.
Parce que je lui ai promis, il y a quatre ans de ça, de l'aimer jusqu'à la fin.
Une promesse est une promesse.
J'ai refermé mon bec sur le fromage.
Le renard s'est crispé, j'ai pu le voir.

Quand mon regard croise le sien, malin et carnassier, j'ai déjà la sensation de trahir mes sentiments. Je la repousse un peu, la jolie, lorsque le prédateur s'approche. J'ai les yeux qui tentent de trouver une lueur sévère pendant que je me racle la gorge, à la recherche d'une voix masculine. D'une vraie voix, qui lui donnerait envie de partir, la queue entre les pattes. Mais ce connard mâche mes mots, il me les vole à même les lèvres. J'ai un frisson de colère, à le voir nous saluer avec son rire brusque. Le fromage resserre ses doigts contre les miens, charmé peut-être, lui aussi. J'veux même pas le savoir. J'ai le cœur qui s'acharne contre ma cage thoracique. Je tente de déployer mes ailes pour l'impressionner mais il se fiche bien, de mes plumes qui ne brillent même pas au soleil. Dans la foule de spectateurs qui s’agglutinent à la sortie du chapiteau, dans les merdes de chevaux et d'éléphants les mots quittent sa bouche avec empressement, comme si la mort était à ses trousses. « Sal ? » Mouvement de tête, allez dégage ! Viens pas gâcher ma vie ! Pars ! Je ne veux pas de toi, de tes mots. J'ai déjà un from- une jolie fille dans mes draps. Je l'aime et j'en suis fou. « Votre. » Il marque une pause, mon regard noir a peut-être fonctionné, au final. Votre, c'est pour les grandes personnes, c'est pour ces connards de bourges qui mangent du caviar à la petite cuillère. « Ton numéro était incroyable. » Je lâche un rire, en baissant les yeux, charmé et honteux par mes joues rouges. J'ai l'impression d'avoir des roses sous la peau. Des roses qui me piquent et réchauffent le cœur. « Merci. » Ma douce brune pose ses doigts dans mes cheveux gras, encore collés à mon front. « Il donne de la magie ! » Elle a la voix qui chante toujours, c'est peut-être elle corbeau. Mais non, ces oiseaux là, ils sont comme moi : ils sont silencieux et effrayants. Le peu de fois où on les entend, leur voix est totalement bousillée par la vie. Ça donne envie de foutre le camp où de leur mettre un épouvantail à la gueule en gueulant 'pars de mon potager sale bête ! J'ai la carabine dans le garage !'
Le corbeau rigole et s'éloigne. Il est fou mais pas suicidaire.
Ou pas encore.

C'est comme ça qu'il est entré dans notre vie. putain.

Le Renard, avec ses dents en moins, inoffensif en premier lieu n'a pas tourné les talons. J'ai oublié qu'il lui restait encore des griffes pour nous attraper, mon fromage et moi. Et je me suis fait avoir, comme un idiot. Comme un foutu oiseau affamé de chaleur et de muscles. Je l'ai laissé venir jusqu'à notre petite caravane ; la caravane du bonheur. Il l'a jamais vraiment quitté, certainement attiré par nos soirées autour d'une bougie à se raconter notre vie.
Un soir, sous le regard du Fromage, je lui ai tout raconté. Je lui ai dit, de ma voix qui grince que mon prénom, c'est Théodore. Sal, c'est juste un pseudonyme, un surnom, une nouvelle identité, un trait sur le passé. J'ai réussi à aligner les mots pour lui dire que Maman et Papa étaient français (d'où mon accent). Comment ma mère est morte lorsque j'avais quatorze ans, dans un accident de voiture. Papa, désespéré par le chagrin a trouvé bon de partir en Arizona pour rendre hommage à sa bien aimée qui en rêvait depuis toujours. Même dans le deuil, mon père restait un type autoritaire. Je me suis inspiré de lui pour mon nouveau prénom. Il me disait toujours, comme ça, les sourcils froncés : ta chambre est sale, tes mains sont sales, sale gosse ! Sal, je suis Sal, il m'a bourré le crâne. Avec lui, j'étais plus le corbeau mais l'agneau, avec le loup en bordure de rivière.
Le Renard m'a regardé, cigarette calée dans son sourire.
Et alors ? Il est où ton père ?
Mon père ? dans un asile.
Tu vas le voir ?
Non.
Tu l'aimes ?
Oui.
Alors pourquoi tu vas pas le voir ?
Parce que je suis le même.
Le même homme ?
Le même fou.
Il y a eu un silence alors que, trop alcoolisé, je suis allé rejoindre mes draps. Le fromage m'a rejoint ainsi que le Renard.
Oui, Maître Renard, dans les plumes du corbeau.
Dans un rire, ses lèvres se sont posées aux miennes et jusqu'au reste de la nuit (ou jusqu'au départ de l'alcool dans la cuvette des toilettes) les baisers n'ont cessé de jongler entre la Précieuse et le Corbeau. Des baisers, juste ça, mais ça semblait énorme pour moi.
Et depuis ? On vit tous les trois dans cette caravane, avec des baisers volés, parfois, des rires et des blagues mal pensées.
Je me contorsionne. Elle fume trop. Il vit.
Le corbeau est encore plus paumé que d'habitude. Il a des envies de lames dans les veines, comme les adolescents. J'écrirais bien des lettres à mon sang mais j'ai même pas les couilles de me couper.
J'ai même plus les couilles de rester plus de vingt quatre heures avec eux.
Je ne sais qui aimer le plus.
L'amour éternel et platonique ou l'éphémère et puissant.
J'ai envie de gueuler, parfois et de lui dire, au Renard : Pourquoi tu pars pas avec le fromage, comme dans la fable ? Pourquoi tu me fous pas la paix ?

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◭ messages : 32
◭ arrivé(e) le : 05/01/2014

MessageSujet: Re: je pars en couilles. (sal)   Lun 6 Jan - 1:10



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Dernière édition par Sal De Nerval le Lun 6 Jan - 1:11, édité 1 fois
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◭ arrivé(e) le : 05/01/2014

MessageSujet: Re: je pars en couilles. (sal)   Lun 6 Jan - 1:10



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jillian — perfection has a name

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◭ arrivé(e) le : 22/11/2013

MessageSujet: Re: je pars en couilles. (sal)   Mar 7 Jan - 18:27

ton perso, ta plume et ton ava :wof: : va nous falloir un lien ** j'arrive en complet touriste, par contre Arrow

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the horizon is still way beyond you.
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