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 [Flash-back]Dessine-moi un mouton |Octavian|

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◭ messages : 1772
◭ arrivé(e) le : 27/12/2013

MessageSujet: [Flash-back]Dessine-moi un mouton |Octavian|   Dim 2 Fév - 0:47

Mes doigts graciles glissent sur le tissu bigarré de mon costume et une angoisse profonde s’insinue en moi. Elle est lourde, me tiraille l’estomac et alourdit mon cœur. Ce soir, c’est la dernière. La dernière fois que je m’effeuille en anonyme devant les regards tantôt lubriques des hommes tantôt envieux des femmes. La dernière fois que je recueille dans mes dentelles rouges ou noires des billets verts destinés à me fournir en came pour le reste de la semaine. C’est terminé. Dans une heure, je quitterai mon pseudonyme de Belladonne pour redevenir, plus humblement, plus prudemment également, une fille de bar. J’ai dégoté un job de serveuse. Certes, c’est plus valorisant. Pourtant, je sais ô combien je me sentirai seule une fois clos ce pan de ma vie. Aussi, donnerais-je beaucoup pour retarder l’heure fatidique où la simplicité m’habillera. Ce métier de fortune me rebuta autant qu’il me grisa et Belladonne me manquera. Elle m’accompagnait un peu partout, ma stripteaseuse. Elle me suivait du matin jusqu’au soir. Elle m’occupait l’esprit tant et si bien que je lui justifiais tous mes mensonges. Elle en était l’unique cause. Demain matin, au lever, je serai à nouveau Sheena Tyler Jackson quand, l’espace de quelques mois, j’ai été contemplée, critiquée, appréciée, détestée et sans fausse modestie – j’en demeure toujours surprise – adulée par des hommes sensibles à ma plastique. Évidemment, ils n’avaient rien des chevaliers blancs imaginés dans mon enfance, des princes charmants décrits dans les contes, de l’archétype même des héros romantiques qui portent sur leurs épaules le fardeau d’un monde qui n’appartient qu’à eux. Désormais, d’aucuns ne chercheront plus à gagner les faveurs sensuellement offertes à leurs pupilles curieuses pour la nuit. Je serai à nouveau une anonyme. Une fille rangée, comme les autres, servant bière et alcool fort à des soulards au mal de vivre. « C’est à toi ma belle. On t’attend. Donne-leur le meilleur de toi, qu’il ne t’oublie pas » m’interpelle-t-on finalement.

***
Elle est entrée dans ma loge les bras chargés de victuailles toutes plus caloriques les unes que les autres. Moi, je n’avais pas vraiment faim, pourtant je l’ai accueillie avec le sourire. Pilar est un antidote contre la morosité. Sa joie de vivre est la panacée. J’aime autant sa compagnie que ses visites faussement improvisées dans mes vestiaires au terme de nos représentations. « Ah. Enfin. Je t’attendais », m’exclamais-je faussement impatiente tandis que je me démaquille mollement. Ma peau respire enfin. Moi aussi d’ailleurs. Alors que je peinais à me défaire de mon costume de scène, je sens que la bonne humeur enfantine de cette amie me donnera finalement du courage. « Alors ? » me lança-t-elle en s’asseyant dans le vieux divan de cuir qui décore la loge. Chaque soir la même question pour la même réponse : [color:f362=#666 633]« Alors quoi ? »
Cette fois, je lui arrache un soupir défait. Elle brûle de connaître les quelques vérités que je lui cache maladroitement. Elle n’est pas dupe, Pilar. Elle a repéré l’anguille dissimulée sous la roche. Pour préserver la genèse de cette amitié nouvelle, je sais que je dois lâcher du leste et me confier davantage. Je le ferai d’ailleurs, en partie. Je ne parlerai ni de mon frère ni de mes obsessions. Je ne lui confierai pas non plus mes problèmes avec ma drogue. Je lui parlerai simplement d’Orphée. Le mal qu’il m’a fait et me fait encore. La souffrance entêtante que son prénom éveille en moi. Mon besoin de réparer mon cœur par le sexe, car il est la réponse à tous mes maux… je lui raconterai tout ça. Oui. Plus tard. Après avoir pris le temps de me laver, de me changer et d’enfiler la tenue outrageante de Sheena.

Dans la salle d’eau carrelée du théâtre, les rires de mes collègues résonnent quand l’une m’interpelle avec plus d’entrain : « Oh She, Pilar et toi vous venez avec nous ce soir ? On va manger un bout, puis on sort. On sort en boîte. Blake a réservé une table en VIP » , comme je suis hautement friande de ces endroits de débauche – qualificatif utilisé par mon frère – l’idée m’est plus que tentante. Alors, j’accepte, promettant d’emblée d’inviter Pilar une fois de retour dans notre loge commune. « Mais, je pense que vous pouvez compter sur nous. On se rejoint dans l’heure. » ai-je ajouté avant de quitter la salle de douche, rafraîchie, revigorée, épurée de mon rôle. Instinctivement, j’ai jeté un œil à ma montre. Il me restait peu de temps pour me retrouver et rejoindre mes amies le temps d’un soir. Demain, elles m’auront oubliée. Demain, je ne ferai plus partie de leur monde, de leur vie.

***


Alors que, comme un seul homme, nous pénétrions tour à tour dans cette discothèque, je l’ai aperçu. Cette obsession. Ce gars qui, à force de le croiser chaque week-end au même endroit, me paraissait presque familier. Jamais je ne l’avais rencontré dans Phoenix. Jamais je n’eus la surprise de l’apercevoir au hasard d’un rayon dans un supermarché ou à la terrasse d’un café. Il n’était, dans ma vie, qu’un fantôme avec lequel j’échange quelques fois quelques œillades appuyées. Nous existons l’un pour l’autre dans une discrétion presque insolente. Il est un spectre inconvenant et diablement intrigant. Il attise instinctivement mes plus viles curiosités. Ainsi, je brûle de connaître son nom, d’apprendre l’intensité de son regard, d’entendre le timbre de sa voix, d’imaginer la force de son caractère, de présumer les faiblesses de son égo. Alors, je cède à mon imagination débordante le droit d’entrevoir ce qu’il fait dans la vie, le genre de femmes qui lui plait. Et, ce soir, tandis que la musique qui bat son plein m’empêche d’entretenir avec mes ex-collègues une conversation franche et éloquente, il s’approche de notre table pour saluer l’une de mes congénères.

D’où j’étais, je pouvais sentir l’essence de son parfum viril mélangé à l’effluve sensuelle dégagée par sa virilité. J’aurais juré qu’il posa ses pupilles brillantes de malice sur mon minois facétieux. J’aurais mis ma main à couper que ses grands yeux musardèrent de mes yeux à ma bouche. Vraiment. Ainsi, je tremble. Je tremble de tout mon être à l’idée d’obtenir quelques réponses à mes questions. « C’est qui ce mec-là ? » interrogeais-je la seule femme à ma table qui recueillit un peu de son attention. Elle m’observait interloquée, feignant maladroitement d’ignorer le thème de ma question. Alors, j’ai répété un peu plus fort, accompagné mon propos d’un geste en direction du bel inconnu. [color:f362=#990 099]« Oh. Lui… » répliqua-t-elle avec aux lèvres un sourire empli d’un mélange de nostalgie et de satisfaction. « Octavian. Plus proche de la trentaine que de la vingtaine. Amant redoutablement doué. Il collectionne les conquêtes comme on collectionne les billets à chaque fois qu’on se désape. Autant te dire qu’il n’est pas pour toi ma colombe. Trop compliqué. Trop beau. Trop… » Elle hésita, mais je ne l’écoutais déjà plus. La jeune femme, sans le vouloir, venait d’ouvrir la boîte de Pandore. Mon amour-propre supporta mal l’affront. Elle sema cette graine qui, avec le temps, germa jusqu’à devenir un vice de forme ou un dol à mon image d’oie blanche. Je n’avais plus rien de la vierge effarouchée. Je brûlais la chandelle par les deux bouts depuis cette rupture avec Orphée. D’autres hommes sont devenus des pansements pour ce cœur abîmé. Octavian serait son trophée. Elle venait de le décider, car elle n’était pas trop facile, pas assez belle, trop enfantine ou puérile. Ainsi, me suis-je levée avec défiance, interrompant l’ignorante Adriana d’un : « Que tu crois » ronflant. J’ai rajusté cette robe près du corps qui souligne parfaitement ma silhouette et, franc battant, j’ai cheminé jusqu’à cet homme sous l’œil médusé de la stripteaseuse. Il pesait lourd sur mes épaules. Je ne me laissai pourtant pas démonter. Au contraire, j’y puisé la force nécessaire pour accoster ce jeune homme avec ruse, car il m’en faudra de la malignité pour n’être ni trop acquise, ni trop inaccessible. Me fiant à mon instinct, je l’ai contourné et, face à lui, j’ai laissé glisser une main froide dans son cou pour chuchoter à son oreille. « Un mois que je te vois ici. Un mois que nos regards se croisent et qu’on fait semblant de rien. Quatre week-ends. Et aujourd’hui, tu t’approches de ma table sans même m’offrir un sourire. À peine un regard, et encore. Je n’en suis même pas certaine… » lui chuchotais-je avec audace en mesurant le ton. « Et tout ça pour une stripteaseuse en fin de carrière qui, j’en suis sûre, t’a déjà livré tous ses secrets… » J’ai soupiré presque trop lascivement pour être dénuée de mauvaises intentions avant de reprendre : « Dis-moi, Octavian, ça te dirait de jouer avec moi ? Tu choisis l’enjeu et je fais les règles… Ça te tente ? » Aucune proposition totalement indécente. Par le jeu, je n’entends pas m’offrir à la minute, j’entends la séduction, charme et manigance. J’entends perte et victoire.
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◭ arrivé(e) le : 13/01/2014
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MessageSujet: Re: [Flash-back]Dessine-moi un mouton |Octavian|   Ven 7 Fév - 17:15

Dessine-moi un mouton
Flashback


Octavian Cunningham était une énigme pour bon nombre de personnes. D'ailleurs, par moment, il était lui-même incapable de comprendre sno propre comportement. Ce n'était pas lui qui allait mal le prendre, ce n'était pas son genre et il était persuadée que ça ne servait à rien, de toute façon. Il refusait de trop se prendre la tête sur les gens qui cherchaient à comprendre son comportement, il trouvait que c'était plus simple pour lui, de ne pas avoir à trop y penser, de ne pas avoir à trop se prendre la tête pour des broutilles, d'ailleurs. Il avait toujours eu l'impression que ça facilitait les choses et ce n'était certainement pas lui qui allait en faire toute une histoire. Impossible et surtout, hors de question, en fin de compte. Etre mystérieux, ça avait son lot d'avantage, à bien y réfléchir, et ce n'était certainement pas lui qui allait se prendre la tête, il voyait mal en quoi ça pouvait être difficile ou insupportable, ou quelque chose de ce genre. N'avait-il pas le droit de faire sa vie ? Les filles avaient du mal à le suivre parfois, surtout au matin, pour celles qui avaient la chance de rester toute la nuit. Parce qu'elles étaient des privilégiés, le jeune homme trouvant toujours une excuse pour les congédier, quand ça se passait chez lui. Mais de ce côté là aussi, il y avait des avantagées, puisqu'il préférait aller chez les femmes, plutôt que de les voir venir chez lui. Il était difficile ou disons plutôt qu'il faisait partie des salauds de ce monde. On disait beaucoup des hommes qu'ils étaient les plus gros connards, pourtant, bien qu'il ne soit pas focalisé sur les sentiments des femmes, il n'en était pas non plus au point de les insulter, encore et toujours. Ca n'avait jamais été son genre et ce n'était certainement pas lui qui allait en faire toute une histoire. Impossible, ce n'était pas son genre et ce n'était pas maintenant que ça allait arriver. Hors de question. Il n'était pas de ceux qui brisent un cœur pour le simple plaisir de le faire. Ce n'était pas son genre et quand ça arrivait, c'était uniquement parce qu'il lui arrivait d'être maladroit. Sa réputation le précédait dans le cœur des gens, il ne le savait que très bien. Il n'avait jamais fait la moindre promesse pour emmener quelqu'un dans son lit, il n'avait été que lui. Maître de sa vie, maître de ses actions et de ses agissements. Il aimait faire tout ça, il aimait son comportement parce qu'il n'avait jamais eu le moindre compte à rendre aux gens et ce n'était certainement pas aux gens de venir lui taper sur les nerfs. Ne pouvait-on donc pas lui foutre la paix ? Dans le fond, s'il avait blesser des gens, c'était la faute de ces derniers et uniquement leurs fautes. Il n'avait jamais fait la moindre promesse et ce n'était pas demain que ça allait commencer, il était qui il était, et il refusait simplement de changer. A quoi bon changer quand son propre comportement n'a rien de désagréable ou de difficile à gérer hein ? A quoi bon vouloir avoir un autre comportement pour plaire aux gens si on ne se plaît pas à soi-même ? Ca semblait assez ridicule.

De ce coin, il la voyait danser, déambuler alors qu'elle se déshabillait doucement. Il ne se souvenait pas du nombre de fois où au matin, il avait pensé à elle, du nombre de fois où il s'était imaginé en train de la prendre sauvagement là, devant tout le monde. Le public ne l'avait jamais dérangé. Le risque de se faire surprendre avait ce quelque chose de.. D'excitant, en fin de compte. Certes, il n'avait encore jamais eu la chance de pratiquer, mais c'était un truc à faire, dans un futur proche tiens, c'était une éventualité en tout cas. Il continuait de la fixer, les bras croisés, debout dans un coin et le regard fixé sur ses courbes. Elle était devenue comme une obsession, cela faisait déjà un bon mois qu'il prenait le plaisir de venir ici, dans la simple idéologie de la regarder. Il s'était imaginé bon nombre de fois en train de la prendre mais il n'avait encore jamais pris la peine d'aller lui parler. Mais cette obsession avait pris une toute autre tournure, le jour où leurs regards s'étaient croisées et qu'il avait vu qu'elle le voulait, elle aussi. Certes, cela pouvait donner l'impression qu'il avait la grosse tête et que c'était un comportement de supériorité. Mais il le voyait, il ne le voyait que trop bien. Et c'était ça qui avait changé la donne. Lui qui était persuadé qu'il irait la voir dès le premier jour, voilà qu'il se mettait à changer ses plans afin que ce soit elle qui vienne le voir. Et elle prenait son temps. Il réalisait qu'elle prenait vraiment tout son temps et ça commençait à légèrement lui taper sur les nerfs. Il ne demandait pas grand chose, il voulait juste qu'il lui prouve qu'il pensait vraiment à ça, qu'il lui prouve qu'elle voyait les choses de la même manière que elle, en fait. Mais les choses n'étaient malheureusement pas simples et c'était justement ça qui lui tapait légèrement sur les nerfs. Ca qu'il n'était pas en mesure de comprendre. Si elle était capable de se déshabiller de cette manière, pourquoi est-ce qu'elle ne venait pas le voir hein ? Pourquoi est-ce qu'elle ne faisait pas l'effort de venir le voir pour lui dire qu'elle aurait aimé qu'il la touche ou quelque chose de ce genre ? Était-ce si compliqué à ses yeux ? Etre l'homme qui faisait toujours le premier pas, ça avant tendance à l'énerver légèrement sur les bords, on n'allait quand même pas le lui reprocher non ? De son point de vu, en tout cas.

Du coup, il se permit de faire un léger pas vers l'avant, un pas qu'il aurait sans doute dû garder pour lui-même, mais il ne put se résoudre à s'en empêcher. De sa démarche fier et confiante, il s'approcha d'une des collègues de la proie pour la saluer, ignorant magnifiquement les gens qui se trouvaient autour, afin de ne pas avoir à y penser plus que ça. Et en s'éloignant, toujours aussi droit, il se surprit à sourire, espérant que son petit jeu allait réussir à faire ce qu'il voulait. Espérant qu'il parviendrait sans grande difficulté à attirer la jeune femme. Mais il ne tarda pas à réaliser que ça avait réellement fonctionner. C'était fou, de voir à quel point les femmes pouvaient être prévisibles. Les hommes aussi, mais de ce côté là, il ne se connaissait pas de talent particulier. Elle connaissait son prénom, signe qu'elle s'était déjà renseignée sur son compte et ça le fit davantage sourire. Elle parlait de jeu, elle lui proposait d'en établir un entre eux deux et ça l'amusait. A son tour il se pencha et il se surpris à poser ses lèvres sur les siennes pour un baiser bref et léger.  « Tu veux jouer à un jeu ? J'ai davantage envie de jouer avec toi.. T'attirer auprès de moi fut assez simple, mais ça me plaît. Un mois que je cherche à t'attirer vers moi. Et te voilà enfin.. Dis moi, amour, que serais-tu prête à faire pour moi.. ? »


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